17 mai 2007

Paillettes, champagne et vomi.

Ca y est, nous y voilà enfin. Le tapis rouge a été sorti du pressing, on a bien vérifié qu’il était toujours aussi rouge, on a compté et recompté les marches, des fois qu’il en manque une, mais bon, leur nombre n’a pas varié depuis l’année précédente. Ah, à la télé ils ont bien précisé qu’il y avait toujours 24 marches, c’est que ça doit être important alors cette histoire de marches. Ouf, me voilà soulagé. On a ressorti de la malle au trésor la même robe de princesse qui va tenter de nous ânonner l’ouverture du festival de Cannes, ah si si, je t’assure ils ont une robe qui parle, c’est sans doute cela qui fait la magie de Cannes.

C’est l’événement de l’année. La preuve la présence de Denisot. C’est le déplacement de Denisot qui fait l’importance de l’événement ou le contraire, je ne sais plus.

Donc, nous sommes partis pour la quinzaine annuelle du cinéma. Enfin le cinéma, lui, est accessoire, tout le monde s’en tape. Parce que pour le bon peuple de Match, Voici ou Gala, le cinéma se limite à des chefs d’œuvre comme « Brice de Nice », au génie d’un Michael Youn ou à la spiritualité d’un Christian Clavier. Il n’est pas venu pour se farcir des films incompréhensibles. Non non, les badauds, agglutinés, compressés, compactés, écrasés, sont là uniquement pour vérifier que les stars qui les font rêver toute l’année sur le papier glacé de leurs journaux favoris sont bien réelles, ne sont pas des illusions.

Même le directeur du festival le reconnaît. Ce qui d’abord fait rêver les gens, c’est les mannequins, les stars et les paillettes. Champagne, petits fours et homards pour les stars, hamburgers, pizzas et coca pour le badaud. On vient sur la croisette pour admirer le défilé de la futilité et regarder le superficiel se donner en spectacle. Les films ce n’est pas suffisant.

Des films que de toute façon personne ne comprend, ni n’ira voir, réservés à une élite de pseudos critiques qui viendra t’expliquer le choc émotionnel qu’il vient de recevoir en voyant les scènes magnifiques du film d’un jeune réalisateur de l’Ouzbékistan. Ou encore nous vanter les images d’une beauté incomparable d’un jeune afghan, représentant en espadrilles, et qui va tenter de séduire la veuve d’un taliban en lui racontant l’histoire extraordinaire du voyage d’un ver de terre perdu dans une pomme.

Cannes c’est aussi l’occasion une fois par an, d’assister sur la croisette au défilé des stars venues présenter leur dernier lifting. Catherine Deneuve, Sharon Stone, Emmanuelle Beart et consoeurs ne sont pas là pour promouvoir un film mais l’habileté et la science de leur chirurgien plasticien. Et toujours les mêmes grandes questions existentielles qui agitent les journalistes comme la couleur du costard de Georges Clooney, verra-t-on cette année encore un bout de nichon de Sophie Marceau, Bruce Willis sera-t-il bien au rendez vous, on ne sait jamais, un attentat, une attaque surprise, une guerre soudaine, un bouchon de champagne qui en sautant ferait un peu trop de bruit, enfin si jamais il faut sauver le monde peut on compter sur lui.

Quant aux femmes de chambres du Martinez ou du Carlton elles pleurent à l’avance des dégâts qu’occasionnent les abus et les prises de risques de nos stars favorites. Le vomi, même celui des stars, reste toujours du vomi.

Posté par Comte cul hot à 11:23 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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