29 novembre 2005
Ronaldinho, son ballon d'or et mes béquilles
Depuis le 16 septembre plus aucune nouvelle, pas la moindre petite ligne écrite, rien, le silence complet. Parti sans laisser d’adresse, sans la plus petite explication, comme un vulgaire pékin qui claquerait la porte de sa pétasse sous prétexte qu’elle lui aurait refusé une petite gâterie.
Alors quoi, un coup de tête, une petite déprime, j’aurais confondu le tube de Temesta avec celui des Smarties, un sommeil profond et point de Princesse à l’horizon pour me réveiller ? Un départ précipité aux îles Caïmans suite à un abus de biens sociaux qui aurait mal tourné, gagné dans la boite d’Arthur la nationalité des Bahamas, une retraite dans un monastère de moines trappistes, ou bien encore, comme je l’ai maintes fois suggéré, un départ définitif pour jouer les ermites bien loin des mes contemporains ?
Non, juste que le 17 septembre au matin, mon sac de sport sur les épaules, avec chaussures à crampons bien astiquées, je m’en suis allé jouer les Ronaldinho du samedi. Ah, on peut dire que le match a eu du mal à s’achever, pour moi les prolongations ont duré deux mois et demi. La faute à un genou en mille morceaux, un puzzle de cartilage, d’os, de tendons et de rotule plus vraiment à leur place. Ronaldinho a eu droit à son ballon d’or, moi mes béquilles d’or !
Entre temps ? Et bien entre temps, en moins de temps qu’il n’en faut à Sarkozy pour dire une connerie, plus de jambe, rien, écroulé sur la pelouse le Comte. Et puis le pin pon, les urgences, le chirurgien et sa panoplie de bistouris et deux mois sans pouvoir marcher dans un centre de convalescence. Mais entre temps surtout l’expérience et la rencontre d’un milieu et d’une micro société que je ne connaissais pas, où l’humilité et l’entraide sont indispensables à ta réussite, sans elles tu n’es rien, juste un moribond qui se traîne sur un fauteuil roulant, tout le contraire de notre belle société que j’avais laissée un matin de septembre et que je retrouve aujourd’hui.